Le journal du silence

théâtre / projet d'écriture et présentations publiques 2021-2022

distribution

Yves Robert texte et mise en scène
Laurence Iseli et Blaise Froidevaux jeu
Denis Rabaglia intervenant en dramaturgie
production Cargo15 et Atelier Grand Cargo

récit

Le journal du silence explore la relation à la culpabilité, à la proximité de la mort et à la modestie de la résilience.

Il est construit sur deux personnages avec un premier protagoniste dans une humanité réelle, une femme blessée, et un autre au comportement antagoniste armé de la délicieuse malice des animaux, soit être narquois, à distance, parfois empathique, mais toujours interrogateur. C’est un chocard, ce drôle d’oiseau au bec jaune et aux pattes rouges qui connaît la vanité naturelle des humains et s'en isole en fréquentant les cimes.

Le chemin des dialogues permet à la femme de s’interroger sur le processus de ses actes (elle a provoqué un accident), la profondeur de sa culpabilité et les perspectives de sa vie à poursuivre et à assumer.

Le chocard est un révélateur plus impliqué dans le drame qu’il paraît au début de la pièce.

Au fil du récit, le spectateur comprend que les tragédies s’établissent souvent sur un simple détail.

Un extrait de l’ébauche

Le chocard

La poésie ne se révèle pas sur demande, mais la poésie ne se moque jamais.

Et puis, tu as eu une drôle de nuit, un moment j’ai pensé que tu finirais dans l’estomac d’un gypaète, tu sais le gros emplumé un peu sale qui bouffe les os des cadavres.

Il y en a un qui traîne dans la vallée… un gypaète, pas un cadavre.

Sommes pas amis… faut dire il pue du bec.

J’ai peut-être parlé un peu vite concernant le cadavre… en fait, à bien y réfléchir, la poésie se moque de tout. Et à y réfléchir encore plus, la poésie est plus contradictoire que moqueuse.

J’ai l’air de me mélanger les pinceaux, mais je sais très bien ce que je veux dire ou je ne sais pas ce que je veux pas dire.

Tu comprends ?

La femme

Le chocard

La pensée des chocards est volatile, faut bien l’admettre.

Tu as eu une drôle de nuit, on va structurer tout ça.

Je suis très compétent pour structurer « l’instructurable ».