Les éléments de construction (suite)


les hommes (bêtes) politiques – hypothèse
Dans le temps des élections, les hommes politiques séduisent leurs électeurs par l’exposition d’une empathie sincère. Ils rejoignent les préoccupations des uns et des autres et promettent de défendre, de soutenir ou de légiférer au profit des votants. Dans ce moment précis qui se cantonne à l’appréciation théorique des situations, tout est encore possible.
Puis vient le temps de la « realpolitik » , non par celle inventée par Otto von Bismarck, mais plutôt une des compréhensions françaises de ce concept, soit le moment ou le pragmatisme oblige à la trahison du discours – abandonner ses idéaux pour composer avec la réalité.
Le pouvoir échafaudé jusqu’à cet instant sur des valeurs de prise en compte de l’autre se trouve brusquement obligé d’imposer une réalité non fantasmée.
Le politicien est confronté à un dilemme schizophrénique (une impasse ?).
Les situations d’impasses provoquent parfois chez l’humain une réaction démesurée – la nécessité de masquer les doutes par des certitudes. Le pouvoir dans sa forme visible n’est donc plus le respect des voix mises en commun, mais une intervention brutale dont les principes obligés sont incontestables (les lois du marché par exemple).
L’homme politique fait alors sa mutation vers ce que j’appelle la bête politique, soit dans ce cas, l’occupation du pouvoir par des actions instinctives, absolues et parfaitement éloignées de l’intelligence théorique ou commune.

les hommes (bêtes) politiques – l'autre versant de l’hypothèse
Dans la section ci-dessus, je m’attache à prendre en compte la bestialité du pouvoir en opposant le temps théorique et la relation empathique avec l’électeur versus le temps de la gestion et des trahisons.
Toutefois, ce temps empathique n’est pas obligatoirement un temps heureux et de partage d’intelligence. Il peut être celui de la manipulation et de la propagande – un stimulus des bas instincts de l’électeur pour le profit de « l’animal politique ».
Dans ce cas, la brutalité du pouvoir précède sa mise en oeuvre. Le votant transfère à l’élu un droit de violence dans la mesure où ce droit permet la sauvegarde fantasmée ou réelle du clan.
Le doute est annihilé avant l’action et peut obliger l’élu à la surenchère s’il veut conserver le soutien de ses partisans. La pensée extrême doit toujours se durcir si elle veut se maintenir, et cela jusqu’à l’absurde et l’inhumain.
La bête précède et domine l’humain, le retour en arrière est difficile.

l’observation de « l’animal » politique
Durant la préparation à l’écriture jusqu’en juin 2016, différentes rencontres et interviews avec des hommes politiques de tous bords seront mises au calendrier.
Il ne s’agira pas d’entrer dans la compréhension de l’un ou l’autre des programmes politiques, mais de percevoir la personne, son comportement et sa philosophie de vie (manière d’être).

quel gorille ?
Le gorille, homme politique de son enclos, pourrait être une synthèse de ces deux états (la bête avant – la bête après).
Seuls l’écriture et le développement du texte détermineront la voie à suivre, mélange ou détermination claire.